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Notre outil de recherche – médicinale ou pas ?

Petit coup de gueule contre les sites qui manquent de précision

Notre outil de recherche – médicinale ou pas ?

Attention aux cousines des plantes médicinales, qui se font croire qu’elles sont elles aussi médicinales. Elles le sont peut-être, il faut juste s'en assurer.

Les survivalistes nous disent qu’il y a des plantes comestibles partout autour de nous, et je veux bien les croire. J’ai été surprise d’apprendre que les feuilles de tilleuls pouvaient se consommer en salades… Avant pour moi, le tilleul c’était l’infusion du soir, maintenant c’est aussi une réserve de nourriture au cas où, au même titre que mes joncs massettes. Ceux-ci par contre ne sont pas très bons, mais comme on dit faute de grives on mange des merles.

Alors, en parlant de faute de grives on mange des merles, je me demandais si les chemins, les forêts, les champs, les jardins regorgeaient d’alternatives que l’on pourrait cueillir tout près de chez soi lorsqu’on n’a pas toujours la plante qui va bien dans sa pharmacie.

Euh, la plante qui va bien ?

Je crois l’avoir déjà dit, j’aime l’idée de l’armoire à pharmacie locale. On a un problème et hop on descend au jardin chercher ce qu’il faut. Seulement il faut faire gaffe avec les cousines des plantes médicinales, qui se font croire qu’elles sont elles aussi médicinales. Elles le sont peut-être, il faut juste en être certain.

Par exemple, on est au moment où la véronique montre le bout de son nez. Moi ce qui m’intéresse c’est de savoir si cette plante qui est généralement considérée comme de la mauvaise herbe et qui pousse toute seule dans mon jardin pourrait me faciliter la vie et entrer dans ma pharmacie. Je connais la véronique officinale, mais est-ce que cette véronique là en particulier ferait le job tout aussi bien ?

Il y a plus de 20 véroniques dans mon Delachaux, véronique mouron d’eau, des champs, aquatique, printanière, digitée, et j’en passe. La mienne a l’air d’être une petit-chêne ou une précoce… à confirmer ! Si vous le savez, dites-le-moi !

Après l’avoir googlée, je n’ai rien trouvé pour la précoce, par contre pour la petit-chêne, j’atterris sur un site qui a l’air sérieux, les personnes qui y contribuent sont toutes passionnées par les plantes et ont des professions en rapport avec les plantes médicinales. Jusque là tout va bien ! Leur page Véronique petit-chêne (Véronica chamaedrys) liste les différentes vertus thérapeutiques de cette plante… hourra ! Un coup d’oeil aux sources, parfait elles sont énumérées. Oh tient, ils listent Treben et Valnet, ça tombe bien, ces livres-là sont dans ma bibliothèque !

Alors j’y jette un oeil juste pour être sûre.

Maria Trében par exemple, dans La santé à la pharmacie du Bon Dieu, à la page 133, ne parle pas de la véronique petit-chêne, elle parle uniquement des vertus de la véronique officinale… Même histoire pour Jean Valnet dans Phytothérapie à la page 501, il nous parle de la Veronica officinalis, pas de la petit-chêne. Arghh ! Pourquoi ne pas le mentionner sur leur site web ? Pourquoi utiliser des références inappropriées ? Est-ce que la véronique petit-chêne a les mêmes vertus que la véronique officinale ? Il y a par exemple une différence entre la camomille des teinturiers et la camomille matricaire, la première n’a aucune vertu, alors que la deuxième n’a pas besoin de faire ses preuves.

Il a fallu que je me plonge dans les articles de recherche pour comprendre que les deux types de véroniques étaient utilisés de façon interchangeable. Une étude de 2017 utilise l’ADN pour identifier les espèces de véroniques mises en vente sous le nom de Véronique officinale. Ils y découvrent la petit-chêne presqu’à tous les coups. La bonne nouvelle c’est que la petit-chêne n’est pas toxique, ça se saurait depuis le temps avec les substitutions. Seulement, je n’ai pas encore trouvé si elle avait des propriétés équivalentes à l’officinale. Parce qu’au bout du compte, ce qu’on veut c’est soulager nos maux avec des plantes qui ont des propriétés, pas des placébos.

Vous l’aurez compris, c’était un tout petit coup de gueule contre les sites qui manquent de précision, j’aborderai dans une prochaine infolettre les soucis rencontrés lors de la classification des maux.

A très bientôt pour la prochaine infolettre de phyto-info !

sylvie

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